Russie


Russie

Russie
(Fédération de) état d'Europe et d'Asie, limité à l'O. par la Finlande, l'Estonie, la Lettonie, la Biélorussie et l'Ukraine, au S. par la Géorgie, l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan, la Mongolie et la Chine, et baigné par la mer Baltique à l'O., la mer Blanche et l'océan Arctique au N., la mer Noire et la mer Caspienne au S., et l'océan Pacifique à l'E.; premier état du monde par la superficie (17 075 400 km²); 149 millions d'hab.; cap. Moscou. Nature de l'état: rép. présidentielle. Langue off.: russe. Monnaie: rouble. Rel.: orthodoxie (dominante) et islam. Observations. - Après s'être longtemps confondue avec l'empire tsariste, puis soviétique, la Russie a entamé une importante mutation qui a profondément modifié ses structures et son fonctionnement. L'ancienne République socialiste fédérative soviétique de Russie, libérée du système soviétique (déc. 1991), se veut néanmoins l'héritière légitime de l'U.R.S.S. Depuis 1993, la Fédération comprend 89 entités: 21 républiques, 49 régions (oblast), 10 arrondissements autonomes (okroug), 6 territoires de la frontière (kraï), 1 région autonome et 2 villes fédérales (Moscou et Saint-Pétersbourg). Géogr. phys. et hum. - La Russie, qui s'étend sur près de 10 000 km d'O. en E. et plus de 4 000 km du N. au S., est formée essentiellement de plaines et de plateaux. Les montagnes regroupent la chaîne de l'Oural (culminant à 1 894 m) qui s'étend sur 2 400 km du N. au S. et marque la limite traditionnelle entre la Russie d'Europe et la Russie d'Asie; la chaîne du Caucase (culminant à 5 642 m); la chaîne de l'Altaï (culminant à 4 506 m) située aux confins de la Mongolie et de la Chine; les chaînes et les arcs montagneux de la Sibérie orientale (monts Verkhoïansk, Kamtchatka, etc.). La plaine à l'O. de l'Oural est arrosée par le Don et la Volga. La steppe au sol noir fertile (tchernoziom) occupe une grande partie de la Russie méridionale et se prolonge de manière discontinue au-delà de l'Ob. On distingue du N. au S.: la toundra (moins étendue dans la partie européenne), la taïga, la forêt mixte et les steppes herbacées. La Sibérie, aux hivers extrêmes, dispose d'abondantes réserves d'eau (Ob-Irtych, Ienisseï, Lena, Amour, lac Baïkal, etc.). Les écarts de température peuvent atteindre 70 °C entre la partie méridionale et le N.-E. de la Sibérie. La dureté de ce climat explique la faible densité moyenne de la population (8,6 hab./km²) et le fort peuplement à l'O. de l'Oural (326 hab./km² dans le région de Moscou). La population de la Russie, majoritairement russe (85 %), comporte de nombreuses minorités: Ukrainiens, Tatars, Tchouvaches, Biélorusses, etc. qui représentent environ 30 millions de personnes. Plus de 70 % de la population est urbanisée. écon. - La Russie a hérité des problèmes économiques de l'U.R.S.S. liés à une planification rigide de l'industrie et de l'agriculture et à un important appareil bureaucratique de plus en plus corrompu au fil des années. Son industrie lourde, aux équipements obsolètes, le développement très insuffisant des industries de transformation (électronique, automobile), la fin des échanges avec les pays de l'Est (qui étaient des clients et des fournisseurs obligatoires) laissent la Russie en position de faiblesse face à la concurrence internationale. Elle doit également affronter des difficultés objectives, notam. le climat et la grande distance qui sépare ses principales sources d'énergie (en Sibérie) de son noyau industriel situé princ. en Russie d'Europe. Depuis 1990, la production industrielle ne cesse de diminuer; les réformes économiques piétinent, elles subissent le contrecoup des luttes pour le pouvoir entre le président Eltsine et ses opposants, majoritaires au Parlement. La réforme de l'agriculture est bloquée; si la Russie figure parmi les premiers pays producteurs d'orge et de blé, les rendements agricoles sont faibles et le déficit de la balance agricole représentait 1,6 % du P.N.B. en 1996. Néanmoins, sa richesse minière constitue un atout considérable: la Russie est au 1er rang mondial pour les réserves de gaz, au 8e rang pour les réserves de pétrole, et parmi les cinq premiers pays pour la production d'or, de diamants, d'uranium et de fer. Hist. - Les steppes de la Russie du S. ont été le théâtre de nombr. invasions à partir du VIIIe s. av. J.-C.: Cimmériens, Scythes, Sarmates, Avares, Khazars et Slaves installés entre la Vistule et le Dniepr; vers 600 apr. J.-C., les Slaves orientaux atteignent la haute Volga. Au IXe s., des tribus de Slaves orientaux et des Varègues venus de Scandinavie créent autour de Kiev un état féodal, la Rous, appelée aussi Russie kiévienne, qui est le berceau commun des Russes, des Biélorusses et des Ukrainiens actuels. Au XIe s., la langue de la Rous est encore proche du vieux slavon, commun à tous les Slaves. Les premiers princes élargissent leur territoire autour de Kiev. L'influence de la civilisation byzantine grandit quand Vladimir Ier (v. 980-1015) décide de convertir son état au christianisme. L'agriculture se développe et le commerce favorise l'essor des villes. Mais, au XIIe s., les querelles dynastiques ont fini par diviser l'état kiévien en une douzaine de principautés rivales et une partie de la population fuit vers les forêts du N.-E. Morcelé, l'état de Kiev ne peut résister aux envahisseurs mongols qui conquièrent le pays (1238-1240). La Russie centrale passe sous domination mongole pendant plus de deux siècles. Au N., Alexandre Nevski réussit toutefois à sauver Novgorod des chevaliers Porte-Glaive (1242). Au S.-O., Kiev et Smolensk sont intégrées à la Lituanie et la Galicie est conquise par la Pologne. Aux XIVe-XVe s., la différenciation entre la langue et la culture des Russes, des Biélorusses et des Ukrainiens s'affirme. La tutelle mongole, en échange d'un lourd tribut, assure la paix en Russie et permet son développement. En 1325, le chef de l'église orthodoxe s'installe à Moscou. En 1380, grâce à sa victoire, sans lendemain, contre les Mongols, le grand-prince de Moscou, Dimitri Donskoï, assure la domination de la Moscovie sur les autres principautés russes. Ivan III (1462-1505) rejette définitivement la tutelle mongole (1480) et organise un puissant état centralisé. Ivan IV, dit le Terrible (1533-1584), prend, le premier, le titre de tsar (1547). Il soumet la noblesse (les boyards) et impose le servage à la pop. paysanne. La prise de Kazan (1552) permet l'expansion russe vers l'E. et le S. Une période de troubles dure jusqu'à l'arrivée au pouvoir, en 1613, des Romanov, qui placent progressivement l'église sous la tutelle de l'état et généralisent le servage par le Code de 1649. à l'O., l'Ukraine orientale est annexée en 1654; à l'E, les Russes, qui ont fondé Iakoutsk (1632) en Sibérie orientale, atteignent le Kamtchatka en 1697. Pierre Ier le Grand (1682-1725) modernise en profondeur les institutions militaires et politiques et tente d'occidentaliser les moeurs. L'annexion de l'Estonie, de la Lettonie et de la Carélie, au terme de la guerre du Nord (1700-1721), consacre la suprématie russe aux dépens de la Suède. Pierre le Grand, qui veut une "fenêtre sur l'Europe" fait construire Saint-Pétersbourg, sa nouvelle capitale. Il se proclame empereur et crée l'Empire russe en 1721. Anna Ivanovna (1730-1740), élisabeth Petrovna (1741-1762) et Catherine la Grande (1762-1796) étendent leurs possessions vers le S. (mer Noire), et vers l'O. (Lituanie, Biélorussie, Ukraine occidentale) à l'issue des partages de la Pologne en 1772, 1793 et 1795; l'aggravation du servage suscite de nombreuses révoltes (Pougatchev). L'invasion napoléonienne provoque un formidable sursaut patriotique. Alexandre Ier (1801-1825) annexe la Finlande (1809), participe au congrès de Vienne et adhère à la Sainte-Alliance des souverains européens, mais Nicolas Ier (1825-1855) maintient le régime autocratique; en 1825, une tentative de coup d'état, oeuvre de jeunes officiers (les décabristes) qui prônent la libéralisation du régime, échoue. La Russie poursuit son expansion au Caucase. En 1856, la Russie est battue en Crimée par les armées franco-britanniques, alliées de la Turquie. Entre 1860 et 1897, la Russie annexe toute la Sibérie, le Caucase et conquiert l'Asie centrale. Alexandre II (1855-1881) entreprend des réformes (abolition du servage en 1861); incomplètes et mal appliquées, elles ne satisfont pas l'intelligentsia et l'agitation populaire grandit. Le tsar est assassiné en 1881. Sous Alexandre III (1881-1894) et Nicolas II (1894-1917), le pays s'industrialise rapidement; en 1899, la Russie compte près de trois millions d'ouvriers, concentrés principalement à Moscou, à Saint-Pétersbourg, en Ukraine et à Bakou. La bourgeoisie (Parti constitutionnel-démocrate, K.D. d'où "Cadet") réclame une monarchie constitutionnelle, tandis que les idées socialistes progressent dans le monde ouvrier (Parti ouvrier social-démocrate, P.S.O.D.) et dans le monde paysan (Parti social-révolutionnaire, S.-R., d'inspiration populiste). En 1903, le P.S.O.D. se scinde entre mencheviks ("minoritaires") et bolcheviks ("majoritaires") menés par Lénine. La guerre avec le Japon (1904-1905) est un désastre pour la Russie. L'agitation populaire, qui s'amplifie, est durement réprimée, ce qui provoque la révolution de 1905: le tsar accorde la création d'une assemblée consultative élue, la Douma. Des conseils ouvriers, ou soviets, apparaissent. Sans aucune préparation, le pays s'engage en 1914 dans la guerre contre l'Allemagne. Très vite, c'est la débâcle: 2,5 millions de morts et tout l'O. du pays occupé. En mars 1917 (fév. dans l'anc. calendrier russe), Petrograd (nom de Saint-Pétersbourg de 1914 à 1924) connaît des émeutes (révolution de février) et le régime tsariste est remplacé par un gouvernement républicain libéral, soutenu par la bourgeoisie. Les classes populaires s'organisent en soviets d'ouvriers et de soldats. Sous la pression des Occidentaux, le gouvernement, dirigé par Kerenski à partir de juillet, diffère les réformes et poursuit la guerre, soutenu par les mencheviks et les sociaux-révolutionnaires. Le mécontentement des soviets profite aux bolcheviks. Les 6 et 7 novembre (24 et 25 octobre de l'anc. calendrier), c'est la révolution d'Octobre . Des bolcheviks prennent le palais d'Hiver à Petrograd, siège du gouvernement; tout le pouvoir revient alors aux soviets, en fait à Lénine. Dès le 8 nov. 1917, Lénine décide réforme agraire, contrôle ouvrier des usines, reconnaissance des droits des nationalités. Après avoir dissous l'Assemblée constituante où les bolcheviks n'avaient obtenu qu'un tiers des sièges (janvier 1918), le IIIe congrès des soviets proclame la République socialiste fédérative soviétique de Russie (R.S.F.S.R.), qui va intégrer des rép. et des rég. autonomes en Crimée, en Asie centrale, dans le N. du Caucase. Le 3 mars 1918, par le traité de Brest-Litovsk, la Russie renonce à de vastes territoires occidentaux en échange de la paix avec l'Allemagne. Les "Blancs", fidèles au tsarisme (après l'assassinat en juil. 1918 de Nicolas II et de sa famille), lancent des offensives contre le jeune état, avec l'appui des Occidentaux (Français et Anglais) et des Japonais. Le pays devient un camp retranché; l'armée Rouge est organisée par Trotski. En 1921, le pays sort épuisé de la guerre civile, le "communisme de guerre" est de plus en plus mal supporté. La Russie de 1921 à 1991. V. Union des républiques socialistes soviétiques. La Russie à partir de 1991. En déc. 1991, l'U.R.S.S. est dissoute et la Communauté des états indépendants (C.é.I.) est créée. La Russie adhère à la C.é.I et succède à l'U.R.S.S. comme membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. Boris Eltsine, président de la R.S.F.S.R., devient celui de la nouvelle république. Il engage son pays dans la voie de l'économie de marché, mais le marasme écon. s'accroît: pauvreté et corruption s'aggravent. D'autre part, l'agitation séparatiste au sein de la Fédération de Russie (V. Caucase), le désir d'autonomie des pouvoirs régionaux et le problème des Russes vivant dans les rép. de l'ex-U.R.S.S. renforcent le camp des nationalistes. Le Parlement, élu au temps de l'U.R.S.S., conteste le processus de libéralisation. B. Eltsine dissout le Parlement (sept. 1993). Il envoie l'armée contre les parlementaires rebellés (oct.) et décrète la tenue de nouvelles élections législatives pour décembre et d'un référendum sur un projet de Constitution qui renforce le pouvoir présidentiel. Le référendum est adopté mais les élections législatives confortent l'extrême-droite nationaliste et le parti communiste, qui remporte le tiers des sièges. Dès 1994, la Russie est agitée par des soubresauts séparatistes qui touchent des territoires périphériques, peuplés de non-Slaves, rejetant le pouvoir central (guerre de Tchétchénie, 1994-1996). Le poids de la guerre et les vicissitudes écon. provoquent la victoire, aux élections législatives de 1995, des communistes conservateurs et des nationalistes, hostiles aux réformes entreprises. En juillet 1996, la réélection de B. Eltsine (qui souffre de graves problèmes cardiaques) n'a pas mis un terme à la lutte pour le pouvoir. En 1997, la Russie signe un accord avec l'Ukraine (qui devrait mettre un terme à cinq ans de frictions) sur le partage de la flotte de la mer Noire et des bases navales du port de Sébastopol (la Russie payera un loyer à l'Ukraine). La même année 1997, elle signe deux accords de paix importants: avec la Tchétchénie et avec le Tadjikistan. En outre, elle signe un traité avec l'OTAN qui établit un Conseil conjoint permanent OTAN-Russie au sein duquel la Russie sera associée à toutes les décisions sur la sécurité en Europe. Par ailleurs, elle rejoint le G7 (qui devient le G8).
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Russie
(campagne de) expédition menée en 1812 par Napoléon Ier, qui pénétra en Russie le 24 juin et arriva jusqu'à Moscou (bataille de la Moskova ou de Borodino, 7 sept.). Napoléon rentre dans la ville ravagée par des incendies. Le tsar refusant de négocier, l'armée française fit retraite (19 oct.); elle fut décimée, notam., lors du passage de la Berezina (26-29 nov.). L'Empereur rentra en France et laissa le commandement à Murat le 5 déc. Les 10 000 survivants repassèrent le Niémen le 30 déc. Napoléon Ier avait perdu 500 000 hommes.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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